"La tour c'est un truc qui chatouille l'humain depuis la nuit des temps. Les dieux habitent aux cieux ou sur des montagnes,
alors fabriquer des tours, des flèches, des monticules c'est essayer de se rapprocher d'eux,
ou de se faire bien voir en s'investissant du pouvoir imaginaire de l'objet. (...)
Tout ça nous éloigne du boulot de Sylvie Mazereau. Celui que nous voyons en illustration.
Sylvie Mazereau travaille en boule et en tour. La boule c'est la Terre, la tour c'est le monde animal.
En regardant les tours de Mazereau je pense aux termitières, ces incroyables réalisations dans chacune desquelles vivent plus d'un million d'individus. Certaines termitières sont des cheminées pour leur partie aérienne. C'est à elles que je pense en regardant les tours de Sylvie Mazereau. Elles m'évoquent l'exubérance et la puissance de la vie animale dont nous ne voyons qu'une toute petite partie en nous laissant supposer l'énorme activité qui se cache à l'intérieur de ces constructions.
N'oublions pas qu'il y a plus de biomasse sous les pieds des vaches que de masse broutante dans les champs."

Pierre Gentès, Galerie 75- Rouen


 



 

                                                     L'atelier, un soir d'hiver- 2025